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En France en 2006 :
- plus de 12 400 personnes ont eu besoin d'une greffe d'organe ;
- 4 428 greffes d'organes ont pu être réalisées ;
-7 276 restaient en attente de greffe d'organe au 31 décembre 2006
Depuis 2000, 38 % de greffes d'organes supplémentaires ont pu être réalisées. Un chiffre très encourageant, renforcé par un taux de prélèvement en hausse, qui atteint pour la première fois en France, 23, 2 prélèvements par million d'habitants. Mais la liste des personnes en attente de greffe continue de croître, avec 4% supplémentaire en 2006.

Les donneurs potentiels d'organes ont été, avant cela, des malades admis en réanimation. Médecins et infirmiers ont donné pour eux tout leur talent et ont malgré tout connu l'échec. Un échec qui peut se transformer en don de la vie parce qu'ils les réaniment artificiellement et les maintiennent en état d'être prélevés.
La mort encéphalique est un phénomène
rare qui ne s'observe que dans 1% des cas de décès
hospitaliers. Selon la loi en vigueur, cet état doit
obligatoirement être confirmé : soit par 2 électroencéphalogrammes
nuls effectués à 4 heures d'intervalle minimum,
soit par une angiographie complète du cerveau objectivant
l'arrêt de la circulation sanguine.
>
La mort encéphalique : un état irréversible
>
Développer une culture du don à l'hôpital


Le diagnostic de la mort encéphalique est souvent un fait difficile à accepter pour la famille car cet état "mime" si bien la vie qu'il laisse supposer que la personne est seulement dans le coma, alors qu'elle est décédée. Après que l'équipe de réanimation ait informé la famille de la mort du patient, le coordinateur hospitalier de prélèvement d'organes et de tissus est là pour répondre aux diverses questions que peuvent se poser les proches afin que ceux-ci comprennent bien que ce phénomène est irréversible.
Avant d'envisager un quelconque prélèvement, le coordinateur hospitalier doit s'assurer que le patient ne s'est pas opposé de son vivant au don d'organes. Pour ce faire, il consulte le Registre national des refus sur lequel figure toute personne opposée officiellement à cet acte.
> Le don : comment ça se passe ?

Selon la loi en vigueur, toute personne majeure en état de mort encéphalique n'étant pas inscrite sur le Registre national des refus est reconnue comme donneur potentiel. Cependant, la loi exige également que, lorsque le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, il doit s'efforcer de recueillir le témoignage de sa volonté auprès de la famille. Un travail délicat réalisé par les coordinateurs hospitaliers et les médecins.
> La coordinatrice, un maillon essentiel entre la famille et la réanimation

Afin de déceler toute éventuelle contre-indication à la greffe, des examens médicaux sont effectués : recherche du groupe sanguin du défunt, de ses antécédents médicaux et maladies transmissibles éventuels. Ces tests permettent ainsi de réduire les risques de contamination du receveur.

C'est une équipe chirurgicale spécialisée
dans les greffes qui se charge du prélèvement.
Elle effectue cet acte dans les mêmes conditions que
toute autre intervention chirurgicale et porte une attention
particulière sur l'aspect extérieur du corps
avant sa restitution à la famille. Le choix des organes
à prélever dépend non seulement de leur
état mais aussi de la demande émanant du fichier
des malades en attente de greffe.
Le corps est restitué à la famille directement
après le prélèvement afin que celle-ci
puisse organiser les obsèques et faire son deuil. Aucun
frais supplémentaire ne lui est demandé pour
l'acte chirurgical.

Le choix du receveur est réalisé grâce
à la Liste des personnes en attente de greffes qui
répertorie, comme son nom l'indique, tout individu
nécessitant une greffe. Cette sélection se fait
selon des règles publiées au journal officiel
dont l'objectif est d'utiliser de la meilleure
façon possible les greffons prélèves.
Si aucun receveur n'est identifié en France,
un greffon peut être proposé à l'étranger.
> Le receveur : de la liste d'attente à la greffe
De la rapidité du transport dépend la qualité
du greffon. Afin d'éviter tout contre-temps, les équipes
de greffe disposent de moyens de transport prioritaires particuliers,
tels que des ambulances escortées par la police ou
encore des jets. Durant tout le trajet, le greffon est maintenu
dans des conditions physiologiques optimales afin de ne pas
altérer sa viabilité.
Temps de conservation du greffon prélevé :


Chaque année, plus de 12 400 patients sont en attente et seulement 4 400 greffes environ sont réalisées.
Face à ce constat, se pose la question du don, de son
vivant, d'éléments de son corps. En effet, dans
les conditions très particulières prévues
par la loi, une personne peut donner un de ses reins, sa moelle
osseuse, ses cellules ou, plus rarement, une partie de son
foie ou de son poumon.
>
Historique des greffes
> Les différents
types de greffes : pourquoi et pour quels résultats
?
Adeline Laurier, 18/06/03

Que dit la loi ?
La loi de Bioéthique du 6 août 2004 adopte le principe du
consentement présumé : toute personne est considérée
consentante au don d'éléments de son corps après
sa mort, en vue de greffe, si elle n'a pas manifesté son
opposition de son vivant. La loi donne donc le droit de décider
personnellement. Si le médecin n'a pas directement connaissance
de la volonté du défunt, il doit approcher la famille pour recueillir le témoignage
de la famille du défunt sur cette volonté. Les lois françaises
excluant toutes transactions sur le corps humain, le don d'éléments
en vue d'une greffe est un acte gratuit et anonyme. La famille du
donneur peut cependant, si elle le souhaite, être informée
du résultat des greffes par les équipes médicales.
Cette loi précise aussi que le prélèvement
des organes d'une personne consentante ne peut se faire qu'en cas
de mort encéphalique (aussi appelée « mort cérébrale
»).
Qu'est-ce que la mort encéphalique
?
Il y a mort encéphalique lorsque l'on ne peut que constater
l'échec de la réanimation et la destruction entière
et irréversible du cerveau, qui seul définit la personne
humaine, et s'avère par là irremplaçable. Son
diagnostic requiert une certitude absolue établie par deux
médecins sur la base de concordance de signes et examens
cliniques et paracliniques. L'absence totale de conscience et d'activité
motrice spontanée, l'abolition de tous les réflexes
d'origine encéphalique et la totale disparition de respiration
naturelle sont les trois critères cliniques qui doivent être
présents simultanément et de manière persistante.
L'angiographie (injection d'un produit de contraste dans les vaisseaux
irriguant le cerveau) est l'examen clinique fondamental permettant
de distinguer la mort encéphalique du coma végétatif
: si l'irrigation du cerveau n'est pas interrompue, il s'agit d'un
coma. Si elle est interrompue, il y a destruction irréversible
du cerveau avec aedème massif : on est en présence
d'une mort encéphalique. Dans ce cas, afin que le prélèvement
puisse être effectué, l'activité cardiaque et
la respiration sont maintenues artificiellement. Cet état
ne peut durer que quelques heures seulement.
Pourquoi prendre la décision de donner ou pas ses organes
de son vivant ? Il est douloureux pour une famille en-deuillée
par la perte d'un être cher de faire un choix à un
moment difficile. Elle a peur de ne pas respecter les dernières
volontés du défunt, surtout si le sujet du don d'organes
n'avait jamais été abordé avec lui de son vivant.
En 2006, le nombre de personnes en état de mort encéphalique déclarés à l'Agence de biomédecine était de 3 067. 47 % d'entre elles ont finalement été prélevées.
Une bonne partie des non-prélèvements étant
dus à l'opposition des défunts eux-mêmes ou
demandés par les familles (32 %). Le problème vient
souvent du manque d'information du public sur la question du don
d'organes, mais aussi du manque de discussion en famille autour
de ce sujet.
Comment puis-je faire connaître
ma décision ?
En cas d'acceptation comme de refus, il est essentiel d'en parler à sa famille et à ses proches. Si vous
avez choisi de donner vos organes, le port d'une carte de donneur facilite la relation entre le personnel soignant et la
famille. Si vous êtes opposé au prélèvement
de vos organes, il suffit de vous inscrire au Registre national
des refus, qui est obligatoirement consulté en cas de mort
encéphalique.
Peut-on donner un organe de son vivant
?
Oui, mais dans des conditions très précises. Une personne
peut faire don de certains éléments de son corps en
vue de greffe (un rein, une partie du foie ou du poumon) à un proche en qualité de père ou de mère du receveur. Il peut aussi être son conjoint, ses frères ou sœurs, ses fils ou filles, ses grands-parents, ses oncles ou tantes, ses cousins germains ou cousines germaines, le conjoint de son père ou de sa mère, et toute personne apportant la preuve d'une vie commune d'au moins deux ans avec le receveur.
Christelle Deschaseaux, 06/2001
Agence de la biomédecine
1, avenue du stade de France
93212 Saint-Denis La Plaine Cedex
Tel : 01.55.93.64.64
communication@biomedecine.fr
L'agence de la biomédicine est la seule agence en Europe rassemblant ces 4 domaines que sont le prélèvement et la greffe, la procréation, l'embryologie et la génétique humaines. Son rôle opérationnel, 24h/24, dans la gestion des listes des malades en attente de greffe, la répartition et l'attribution des greffons lui garantit une forte proximité avec les équipes médicales et les malades.
Pour plus d'informations, consultez le site www.agence-biomedecine.fr.